Devant le premier ponton de Crystabel, deux gardes de la cité lacustre discutaient de choses et d'autres, des derniers évènements des Lacs et des récents arrivages en bière de Ba'Naer.
"Tiens, hier j'ai eu affaire à Ba'Darins.
- La vieille Rosen ?
- Elle même. Si tu l'avais vue. Folle. Elle me racontait des histoires pas possibles auxquelles je ne comprenais rien, parce qu'il n'y avait rien à comprendre. Et après elle a été bien gentiment racontée sa vie à des réfugiés qui passaient par là. Il était question d'esclavagistes, de plantes.. Enfin j'ai pas tout suivi. Ah d'ailleurs elle veut leur donner un cours..
- Un cours ? Un cours de quoi ?
- De Botanique ! Les deux comparses s'esclaffèrent.
- Elle se prend pour une matis ?
- Bah parait-il qu'elle a été botaniste dans sa jeunesse, et qu'elle connait bien les plantes. Alors elle va leur dire tout ce qu'elle sait sur celles des Lacs.
- Elle ferait mieux de leur apprendre à se battre. Quant les kitins des profondeurs vont revenir, ils ne vont pas leur demander comment il faut couper les fleurs de manharts.
- Va donc leur expliquer ça. Toujours est-il que dans quelques jours* tout ce petit monde va aller se promener dans les Lacs, en partant d'ici, entre les cloppers et les goaries, à ramasser des graines et s'extasier devant chaque pousse verte.
- Et bah... Enfin si ça les amuse. Du moment qu'on ne me force pas à les accompagner.
L'autre garde s'esclaffât.
"Justement. Elle veut une escorte. Je crois qu'elle va demander au chef de la garde de Fairhaven. J'ai déjà commencé à prier Jena pour ne pas être désigné.
- Bonne idée. Je vais même prier Ma-Duk. Si ça peut m'éviter de les suivre toute une journée pendant qu'ils discutent sur les plantes...
A cette idée, les deux gardes de Crystabel partirent de plus belle dans leurs rires, tout en gardant pour eux la crainte de se voir assigné à cette tâche des plus ennuyeuses.
*Jeudi 9 novembre 2006, à 21h
Cette rumeur circulait partout dans le Pays des Lacs, Rosen la Botaniste accepterait de faire découvrir les plantes Lacustres du pays des Tryker.
Sans hésiter beaucoup d’homins partirent vers Crystabel pour être présent.

Rosen Ba’darins était sur le ponton. Elle attendait sa garde, Dipsy o’marey qui arriva en retard.

Lorsque Dipsy arriva, elle eut quelques remarques, Rosen nous demanda d’aller d’abord à l’étable prendre sa monture.
Avec son grand âge, la marche était devenue dur et l’eau est froide en saison hivernale.

Devant sa monture, Rosen Ba’darins demanda de l’aide à un Homin.
Un Tryker lui fit la courte échelle et nous pûmes partir vers la découverte de l’écosystème végétale du pays des Lacs.

Rosen nous guida, après avoir traversé Crystabel, nous nous lancions dans une séance de nage.
Nous pouvions entendre Rosen dire à sa monture :
« Attention le mektoub ! Tu m’éclabousse….
Ah, oui, mais va plus vite, là on se traine un peu quand même.
Non, pas si vite, j’ai de l’eau plein les bottes…. »
Rosen Ba’darins était une dame qui savait ce qu’elle voulait.
Mais nous avions très vite compris pourquoi elle ne voulait pas avoir de l’eau sur elle. . . . L’eau était glacée, les Trykers doivent avoir une technique contre le froid glacial de l’eau.

Rosen nous amena sur un morceau de terre près d’une falaise. Il y avait un troupeau de cloppers vivant avec les Yber.
Dipsy o’marey était très agité face à tous ces animaux.

Rosen descendit de sa monture et se dirigea vers des arbres descendant au gré du vent.
Rosen regarda les homins et demanda : « Nous commençons notre étude ? »
Dipsy o’marey dit tout bas : « si on pouvait la finir surtout…. »
Je pense que les remarques de Rosen et le but de cette sortie ne motivait pas Dipsy o’marey.
Donc Rosen commença…….
« Les Plantes que vous voyez derrière moi, qui s’agitent au vent, ce sont des Olansis des lacs.
On dit UN Olansi. C’est un arbre de la famille des Arbres à Moelle.
Comme vous pouvez le voir, les tailles sont très variées, cela va de 3mètres, à plus de 15mètres. »

« Il existe une autre variété, ce sont les Olansis du Désert.
D’ailleurs, le nom d’Olansi, vient des Fyros. Nous autre Tryker, nous avons adoptés plus tard le nom.
D’ailleurs, si vous réfléchissez, vous allez trouver un point commun entre les deux écosystèmes où on trouve cette plante. Entre le Désert et nos Lacs.
Le Climat, il ne gèle ni dans le Désert, ni dans les Lacs. Ce qui fait que cette plante a pu s’y développer, malgré qu’elle puisse s’adapter à de nombreux climats, elle ne résiste pas au gel. »
Dipsy o’marey regarda Rosen et dit : « Un peu comme les Torbak en fait ? Je veux dire qu’on les trouve partout aussi. Euh…. » Elle se fit ignoré par Rosen.
« Comme vous pouvez le remarquer, le tronc n’est pas habituel.
De par ses caractéristiques, il ne peut pas se développer en largeur et donc il croit en hauteur.
En fait, par anneau, un anneau de plus chaque année. C’est cela qui fait qu’un vieil Olansi est aussi large qu’un plus jeune.
Si nous découpions le tronc, on pourrait trouver une tige remplie de moelle végétale.
La moelle peut se manger, c’est en fait un corps mou ressemblant à de la meringue beige-verte et pas assez cuite.
Mais, autant elle se mange, autant elle est très fade. Tellement fade que l’on n’en mange pas en fait. Quoi que vous fassiez, elle restera fade comme une blague de Matis.
Bien, mais il n’y a pas que cette plante vous savez. Nous allons voir les autres. »

Nous avancions de quelques mètres pour arriver devant une plante dont certains ce sont surement tous déjà posé la question.
Une plante qui arrive à faire poser des questions à n’importe quel voyageur découvrant le Pays des Lacs.
« Ceci est un Flyner. Cette plante est de la famille des plantes aériennes.
Comme vous pouvez le voir, elle est assez grande aussi, de 5 à 10 mètres.
A la fin de l’été, ils commencent à entrer dans leur période de floraison.
A ce moment là, une fleure unique apparait au dessus du lobe de la feuille.
Comme vous le voyez, cette fleur a une très grande prise au vent.
Des Trykers avaient coupé le bas de la tige, et se sont envolés en s’accrochant aux fines racines pour sortir du camp des Esclavagistes.
Malheureusement de nos jours, on ne peut plus couper la tige comme cela.
Elle est bien trop dure, avant la tige était très fine.

Mais, vous vous demandez peut être aussi pourquoi cette fleur a cette forme, pourquoi ce lobe si haut perché ?
C’est tout simplement pour que les herbivores ne puissent pas la dévorer. Eux qui en sont très friands.
Les Flyners sont comestibles, le gout n’est pas mauvais, mais il faut que ce soit cuisiné bien sur. Mais ile ne sont pas très nourrissant. On l’utilise donc pour assaisonner d’autres plats.
Il y a deux bulbes, celui du bas qui contient les racines, en fait tout un petit système de canalisation qui permet à la plante de se nourrir.
Le bulbe du haut se décroche avec le lobe et contient en fait les graines. »
Rosen se tourna en direction de sa monture et nous repartions vers une autre plante.

Elle se dirigea vers la falaise qui était de l’autre coté de l’eau. Il y avait un Flyner géant.
Une magnifique plante qui attire toujours les regards.

Apres un court arrêt, Rosen ba’darins nous amena vers une ile, nous pouvions voir une plante géante au loin.
Je repensais souvent à une phrase que j’avais entendue il y a longtemps, la végétation d’Atys veut atteindre le ciel comme le font les Racines de la Canopée. Veulent-elles atteindre quelque chose en particulier ? . . . .

Arrivé sur l’ile, Dipsy o’marey voulu faire un tour. Mais elle se fit vite rappeler à l’ordre par Rosen.
« Il s’agit là d’un magnifique spécimen de Bamboo des Lacs.
Cette plante comme vous pouvez le voir peut être très impressionnante.
Jusqu'à 40m, je ne dirais pas qu’elle peut toucher la canopée, mais elle s’en approche.

Comme vous le voyez, cette plante n’a pas de fleur. Elle ne fleurit que très très rarement.
On dit que dans la jungle, elle ne fleurirait qu’une fois tous les 15 ans.
Et chose amusante, elles fleuriraient toutes en même temps.
Elles ont des racines communes, mais n’ont pas de trocs. Quand cette plante grandit, les tiges se dissocient et en forment des nouvelles.
Cette plante n’est pas comestible car elle est trop sèche.
Pas comestible, mais, on peut s’en servir pour créer des bâtons Trykers. »
« Bien, nous allons trouver d’autre plantes. »
Et après cette nouvelle plante, Rosen aidé d’un Tryker pour la faire monter sur sa monture, nous guida jusqu'à la nouvelle découverte.
Rosen se dirigeait vers les Chutes de la Rosée, un lieu magnifique où le prédateur n’est pas rare.

Rosen s’arrêta et descendit de sa monture. . . . Elle chuta et tomba au sol.

La première réaction qu’elle eut, fut de crier sur la Garde.
Après s’être relevé, Rosen se dirigea vers une Stinga.
« Bien, ceci est une Stinga, la seule plante intelligente des Lacs.
En tout cas, plus intelligente que certaines gardes…..
On ne trouve des Stingas que dans les Lacs.
Comme vous pouvez le voir, la stinga est pourvue d’une tige spongieuse dont les longues excroissances tubulaires peuvent provoquer une décharge électrique douloureuse. »

Rosen retourna vers sa monture, elle essaya de monter mais finit par laisser la monture et continua à pied.

Elle fit le tour de l’endroit mais ne trouvait aucune plante intéressante.

Nous marchions tranquillement lorsqu’un groupe de ragus nous surveilla au loin.
Ils avaient l’air affamé et préféraient regarder les Homins que le troupeau de Bodoc.
Lorsque soudain l’un d’eux accouru vers nous. Il se dirigea vers Rosen qui était la première personne du groupe d’Homins.
Rosen se fit toucher et tomba à terre. Le Ragus n’eut aucune chance face aux homins en face de lui. Voyant cela le reste des ragus firent une attaque suicidaire et se lancèrent contre les homins pour venger la mort d’un des leurs.

Ils étaient morts et Rosen ne se relevait pas. Elle ne parlait plus. . . .
Dipsy o’marey était très mal, elle avait failli à sa mission mais surtout Rosen ne lui avait pas crié dessus. . . Elle porta la vieille Dame avec un Tryker et se dirigea vers sa monture. Il fallait retourner au plus vite vers Crystabel.

Dipsy o’marey demanda à un Homin de prendre de l’avance et de prévenir la guérisseuse de la Ville. Rosen n’était pas bien du tout, il fallait faire vite.


Jinnie ba’gale accourut vers le ponton.

Elle se mit devant Rosen et montra un visage très inquiet.
Dipsy o’marey raconta à la guérisseuse ce qui c’était passé, elle avait du mal à garder son calme.
« J’en avais la garde, et les prédateurs, je voulais en voir, et pas elle, et il y en a un qui est arrivé, et elle répond plus, même pour les plantes . . »
Jinnie ba’gale voulut savoir qui était le prédateur, Dipsy lui répondit un ragus, mais en mettant sa main sur le front de Rosen, Jinnia nous dit qu’elle avait peur que ça soit grave.
Dipsy dit : « Tenez, j’ai même pris les crocs, avec des crocs pareils il aurait pu faire qu’une bouchée de madame Ba’Darins…. Et d’ailleurs, c’est un peu ce qu’il a fait. »

Jinnie nous demanda de l’aide pour porter Rosen jusque chez elle.
« Ne la secouez pas ! Allons ! Dépêchons ! Le temps peut jouer contre nous. »

Une fois arrivé devant la porte de son établissement, Jinnie nous dit qu’elle était dans de bonne main et qu’elle veillerait à la guérir. Elle nous tiendrait au courant mais je sentais dans sa voix qu’il y avait une chose qu’elle ne voulait pas nous dire.

Jinnie partit avec Rosen, Dipsy o’marey nous donna ses craintes de son chef, elle avait raté sa mission de protection. On ne pouvait que lui souhaiter bonne chance.
Il ne nous restait plus qu’à attendre. La nuit tomba et un orage éclata, c’était une bien sombre soirée.
